Dès la première année de ma « carrière » de prof, je n’ai pu travailler comme les autres professeurs: « Les méthodes, toujours incomplètes me semblaient insuffisantes, inefficaces, inadaptées. »

 

Aussi, ai-je décidé de les abandonner et de créer, au fil du temps, selon l’élève en face de moi, son âge, ses envies, sa morphologie, son histoire, une méthode toute personnelle, sans méthode, en fait…

 

Identifier les exercices selon les besoin de l’élève, les incorporer immédiatement dans des petites danses, valses, scottish, polkas, marches, que je créé au fur et à mesure.

Ainsi, sans s’en rendre compte, le jeune musicien acquière le petit bout de technique que je juge nécéssaire à son évolution, tout en douceur.

 

Pour cela, la musique traditionnelle béarnaise est une merveille!

 

Ça, c’était encore d’actualité il y a un an, depuis, j’ai eu le temps de me poser et de réfléchir encore et encore à ce qu’il manquait dans mes cours car je voyais toujours les élèves « souffrir » et se « battre » avec leur instrument qu’ils regardaient même parfois en chien de faïence, d’un regard noir de colère… POURQUOI?

 

Ils avaient « choisi » cet instrument, nul ne les y avait contraint, j’y veille!

 

Alors, pourquoi ces crispations, ces rancoeurs, cette agressivité parfois?

 

J’ai bien observé mes petits (enfants et adultes sont mes petits!) et à voir leurs grimaces lorsqu’ils jouent, leur regard souvent fixe et terriblement intense ne lâchant pas une seconde les doigts de leur main gauche, constatant qu’ils jouaient souvent en apnée et que j’étais contrainte de leur rappeler que respirer est une des conditions essentielles à la vie, j’ai décidé de chercher et de trouver le moyen de revisiter en profondeur le contenu de mes cours…

Ma pédagogie

Mon but, dans la transmission de ce que je sais, c’est de donner « immédiatement », de l’indépendance, de la liberté à tous ceux qui viennent me demander d’être leur « prof »

Mes observations

Il est bien évident qu’après une journée bien remplie de travail pour les adultes et de cours, pour les enfants, ils arrivent avec quelque fatigue et grande nervosité dans ma salle: tout le contraire de ce qu’il faut être pour faire de la musique!

 

D’autre part, j’ai observé qu’aucun de ces instrumentistes en devenir, ne se posait de question quant à leur réel désir de musique, sur ce qu’est exactement la musique, leur instrument, etc…

 

Encore et toujours ce « saucissonnage » de l’enseignement!

 

Depuis longtemps, mes élèves apprenaient, comme pour leur langage humain, la langue de la musique en même temps que leur violon, mais, si je leur expliquais tout du fonctionnement de cette langue, les clefs, les altérations, la construction des gammes, etc… je n’insistais jamais pour qu’ils l’apprennent par coeur, préférant utiliser ces notions afin qu’ils s’en imprègnent dans leur corps, dans leurs doigts, avant que dans la tête.

 

Mais, s’ils « vivaient » les petites cellules rythmiques, les pulsations, les hauteurs de notes, avec leur corps, ce n’était toujours pas la suffisante décontraction pour se laisser aller à avoir leur propre discours musical.

  • Pourtant, ils n’hésitent pas à exposer leurs idées personnelles, à poser leurs propres questionnements, en français…

  • Pourtant, ils m’inventent des petites mélodies chaque année ou presque.

  • Pourtant, je leur serine que  JAMAIS l’on ne se « trompe » en musique, il est juste question de passer un peu à côté de ce qu’on désirait réaliser effectivement, mais puisque nous sommes le créateur de notre musique, on fait ce que l’on veut!

La liberté semble décidément faire peur à beaucoup !

Enfin, j’ai compris que je ne pouvais plus faire l’économie de l’apprentissage de la respiration mais surtout de l’expiration, de la vibration, afin de réunifier LA musique… l’instrument, comme le dit si justement l’un de mes amis, est en fait, le prolongement de notre voix!

Donc, j'ai complètement transformé le contenu de mes cours 

Et maintenant ?

Décontraction, Respiration et Vibration

1) Prendre le temps....

En premier lieu, réaménager le temps de cour, et surtout le rallonger!

Sans que pour autant cela pénalise qui que ce soit, élèves, association ou moi…

Pas aussi simple que je ne le croyais!

 

Ma devise étant « quand on veut on peut », après bouillonnement de matière grise, pas que la mienne, nous en sommes arrivés à comprendre que nous n’avions pas choisi la bonne unité de mesure: « le temps ».

 

Aussi, avons-nous décidé de vendre simplement « le moment de pratique musicale en passant par le violon ou l’alto »! (question de réthorique!)

 

Finalement, pour un élève seul, (ce que je ne souhaite ni n’encourage jamais) c’est 3/4 d’heure de cour et nous passons à 1 heure 30 à plusieurs (jusqu’à 5 élèves).

 

Ce qui nous laisse enfin le temps de la décontraction, de la respiration (surtout de l’expiration, oubliée dans notre société!) nécessaires à toute activité!

2) Décontraction

Donc, « massage »: des pieds à la tête et de la tête au pieds (étonnament, les enfants, après un premier mouvement d’humeur, adorent ça et en redemandent!) 2 par 2 ou seul. (car il faut bien apprendre à se le faire chez soi!)

3) Respiration

« Respiration »: on apprivoise son corps, ses poumons et on donne le bon ordre au bon endroit:

Respirer uniquement avec le lobe (je parle du poumon, du poumon, vous dis-je!) le plus bas du torse, ou jusqu’au milieu de la poitrine… jamais vers les épaules.

Comprendre comment décontracter totalement la moitié de son corps et tenir en tension l’autre moitié.

N’entendre que de son oreille gauche ou le contraire.

Etc…

4) Vibrations

Puis, il nous faut encore, appréhender correctement les hauteurs de notes!

 

Au violon, cela semble évident puisque nous sommes à l’origine de la « fabrication » du « son », mais il devrait en être de même pour tous les autres instrumentistes.

Cela passe par le chant, naturellement!

 

Pour bien intégrer la justesse, il nous faut l’imprimer dans notre être tout entier, la vivre, la « vibrer », le mot est lâché… nous sommes nous-mêmes la vibration ou plutôt « les vibrations » et la musique est également produite par les vibrations, ou plutôt « la vibration » car elle englobe alors l’émotion et là, le « technicien » des notes devient le « musicien », le « magicien des ondes », l’Artiste!

 

Et pourquoi cantonnerions-nous les apprentis instrumentistes dans les errements du note à note?

 

Non, que leur vibration musicale personnelle s’exprime dès leurs débuts, même si cela semble maladroit, je dirais attendrissant, pour les enfants comme pour les adultes.

Vous comprenez mieux à présent pourquoi TOUS, du plus jeune au plus ancien, sont mes « petits »!

 

Il nous faut entendre les sons au hasard, pour faire connaissance avec notre voix chantée, puis, de façon déterminée, en vivant la différence entre le « ton » et le « demi ton »…

Pour certains, même aigu ou grave n’est pas forcément acquis et pas seulement chez les enfants.

 

Il est également nécessaire de comprendre les mouvements respiratoires de notre corps afin de les appliquer à notre instrument.

La vitesse de notre souffle, sa puissance, sa douceur, sa décision ou son hésitation vont être autant de variables qui vont influencer notre son.

 

Il n’est pas difficile de deviner que notre humeur va, elle aussi, amener des nuances dans le cheminement de notre archet!

 

Toutes ces notions, font partie intégrante de la musique!

La musique navigue dans le « subtile » et « l’éphémère ».

Comment le faire transparaître dans nos archets si nous n’en parlons même pas!

 

 

Chanter ce que nous allons jouer me semble une évidence car c’est ainsi que nos « petits jardiniers » peuvent « vivre » l’histoire qu’ils nous racontent, l’émotion qu’ils nous envoie, le message qu’ils nous adressent.

 

La musique, par ses vibrations nous raconte toujours quelque chose!

 

Assis en rond, nous apprenons enfin à quitter le « voir » pour « l’entendre ».

Nos z’oreilles ne comptent pas pour du beurre, que diable, il nous faut nous en servir!

Mais, ce n’est pas tout, il nous faut, pour être « libres », ne pas être crispés, agrippés à notre « manche »!

 

Donc, nous chantons, nous dansons, nous jouons sans le pouce de la main gauche, avec juste le majeur et le pouce de la main droite, nous « prenons l’avion », nous ne posons pas la tête sur le violon car notre bouche est occupée à se délecter d’un bonbon, d’un gâteau…

 

Nous inventons toutes sortes d’amusements harmoniques, jouons les gammes à plusieurs voix, chantons tous les « intervalles » en jouant et en chantant…etc…

 

Très vite, les élèves, décontractés et sans complexe, osent créer leur propre musique, ou plutôt la laisser vivre et vibrer en « dehors" d’eux!

Très vite, mes élèves, décontractés et sans complexe, osent créer leur propre musique, ou plutôt la laisser vivre et vibrer en « dehors" d’eux!

Ils  pourront, s’ils le désirent, devenir les compagnons de jeu de n’importe quel autre musicien, ils sont habitués à se laisser porter par la vibration et ils en devinent la sinuosité, comme un conducteur devine la route!

Ce qui n’est pas un mince « cadeau » fait au prof!

 

Et, c’est l’heure de se quitter, à bientôt sur les concerts des violons

des « jardins de musiques ».

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